Martes, 29 de septiembre de 2020

"Barbara", de Jacques Prévert

El día amaneció gris y recordé este poema de Prévert… Perdonen mi francés.

Vídeo: https://youtu.be/ssbMXyo2e3I

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

Et tu marchais souriante

Epanouie ravie ruisselante

Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t’ai croisé rue de Siam

Tu souriais

Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara

Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand même ce jour-là

N’oublie pas

Un homme sous un porche s’abritait

Et il a crié ton nom

Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie

Ruisselante ravie épanouie

Et tu t’es jetée dans ses bras

Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m’en veux pas si je te tutoie

Je dis tu à tous ceux que j’aime

Même si je ne les ai vus qu’une seule fois

Je dis tu à tous ceux qui s’aiment

Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara

N’oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux

Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer

Sur l’arsenal

Sur le bateau d’Ouessant

Oh Barbara

Quelle connerie la guerre

Qu’es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer

De feu d’acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara

Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant

Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé

C’est une pluie de deuil terrible et désolée

Ce n’est même plus l’orage

De fer d’acier de sang

Tout simplement des nuages

Qui crèvent comme des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l’eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin très loin de Brest

Dont il ne reste rien.

 

Traducción, tomada de Internet, de https://trianarts.com/jacques-prevert-barbara/#sthash.9jZ3oaT7.dpbs

 

Acuérdate Bárbara

Llovía sin cesar en Brest aquel día

Y marchabas sonriente

Dichosa embelesada empapada

Bajo la lluvia

 

Acuérdate Bárbara

Llovía sin cesar en Brest

Y me crucé contigo en la calle de Siam

Sonreías

Y yo también sonreía

 

Acuérdate Bárbara

Tú a quién yo no conocía

Tú que no me conocías

Acuérdate

Acuérdate pese a todo aquél día

No lo olvides

 

Un hombre se cobijaba en un portal

Y gritó tu nombre

Bárbara

Y corriste hacia él bajo la lluvia

Empapada embelesada dichosa

Y te echaste en sus brazos

 

Acuérdate de eso Bárbara

Y no te ofendas si te tuteo

Yo tuteo a todos los que amo

Aunque los haya visto sólo una vez

Tuteo a todos los que se aman

Aunque no los conozca

 

Acuérdate Bárbara

No olvides

Esa lluvia buena y feliz

Sobre tu rostro feliz

Sobre esa ciudad feliz

Esa lluvia sobre el mar

Sobre el arsenal

Sobre el muelle d’Ouessant

 

Oh Bárbara

Menuda estupidez la guerra

Qué has llegado a ser ahora

Bajo esta lluvia de hierro

De fuego de acero de sangre

Y el hombre aquel que te estrechaba entre sus brazos

Amorosamente

Quizás ha muerto o desaparecido o vive todavía

 

Oh Bárbara

Llueve sin cesar en Brest

Como solía llover en otro tiempo

Pero no es lo mismo y todo está estropeado

Es lluvia desconsolada de duelo espantoso

Ni siquiera es ya tormenta

De hierro de acero de sangre

Simplemente nubes

Que revientan como perros

Perros que desaparecen

En el remanso de Brest

Y van a pudrirse lejos

Lejos muy lejos de Brest

Donde ya no queda nada.

 

@ignacio_martins

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